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Silo n° 5 : Musée d’art moderne
Porté par le succès de sa proposition initiale, le Musée d’art contemporain de Montréal (MACM) poursuit l’élaboration de son projet de Musée d’art moderne dans le Vieux-Port de Montréal. En octobre 2005, Marc Mayer, directeur général du MACM, dépose un grand projet qui capte l’imagination des gens d’action. Ce musée d’art moderne sera le seul du genre au Canada et proposera un programme muséologique révolutionnaire ainsi qu’un plan d’affaires audacieux. Le projet apporte des solutions à plusieurs défis importants. Le MACM se doit d’augmenter ses espaces d’exposition pour présenter de façon permanente l’une des plus importantes collections d’art moderne au Canada. De plus, le MACM cherche à augmenter sa fréquentation en rejoignant de nouvelles clientèles et en développant de nouvelles techniques de communication et d’interprétation. Parallèlement, plusieurs groupes travaillent à compléter l’aménagement du Vieux-Port de Montréal, tout en préservant les traces de son histoire industrielle et portuaire. Le projet Silo n° 5 : Musée d’art moderne propose de restaurer des édifices qui font partie du patrimoine industriel canadien, d’y installer un musée d’art moderne, de créer une destination touristique spectaculaire en toute saison, de permettre aux Canadiens de renouer avec une partie de leur histoire et de rentabiliser le projet avec la participation du secteur privé. Fort du soutien du grand public, des médias et du milieu des affaires, le conseil d’administration du MACM a formé le Comité du Musée d’art moderne pour diriger ce projet. Composé de membres du conseil d’administration, du directeur général, de gens d’affaires et de spécialistes, le Comité a pour mandat principal de trouver des pistes de financement. Il a donc revu la proposition initiale dans le but de rendre le projet plus autonome financièrement. Le nouveau projet comprend un volet touristique plus dynamique, qui permettra à la fois d’attirer plus de visiteurs sur le site et de générer ainsi les fonds nécessaires à l’exploitation de ce musée. Le nouveau concept du projet Silo n° 5 : Musée d’art moderne s’appuie sur une clientèle abondante et fidèle. Le Vieux-Port est devenu une destination touristique incontournable. Plus de six millions de visiteurs s’y présentent chaque année. En restaurant le site du Silo n° 5, ce projet ajoutera une attraction spectaculaire au Vieux-Port et, réciproquement, il recevra des milliers de visiteurs qui, normalement, fréquentent peu les musées d’art. Tirant parti de la situation, le projet consolide sa position financière en exploitant directement l’activité touristique du Vieux-Port. En effet, ce nouveau concept propose des activités de divertissement dont un observatoire qui permettra aux visiteurs d’admirer du haut de la tour des silos, à longueur d’année, des vues à couper le souffle de la métropole, de son port, du fleuve et des environs. Tout en côtoyant ces énormes édifices et les vestiges d’une activité industrielle gigantesque, les visiteurs pourront, depuis le sommet des silos et de la tour, contempler un paysage urbain digne des grandes attractions touristiques de ce monde. L’accès à cet observatoire sera le point central d’une gamme d’activités commerciales qui assureront une autonomie financière au Musée d’art moderne. Le nouveau concept donne au Musée d’art contemporain de Montréal l’occasion d’agrandir ses espaces et d’exposer sa collection d’art moderne sans augmenter ses besoins en fonds publics. Le concept réviséIl n’est certes pas exagéré d’affirmer le caractère ambitieux et novateur du projet de réaménagement du Silo no 5 : Musée d’art moderne comme installation éducative et culturelle au Canada. Bien qu’il s’inspire en grande partie des nouveaux musées d’art les plus réussis au monde, notamment la Tate Modern de Londres à laquelle il ressemble physiquement, le Silo no 5 : Musée d’art moderne franchit un pas important. Nous entendons tirer parti de la situation économique, non seulement en augmentant nos sources de recettes autogénérées, mais aussi en attirant un public beaucoup plus vaste que celui de nos visiteurs actuels, sans pour cela compromettre nos normes de qualité élevées. De plus, en créant une institution dont l’apport vital se répercutera autant sur les industries établies que sur celles qui émergent à Montréal et au Québec, nous contribuerons à rehausser l’image de marque du Canada. Et c’est ce complexe industriel, qui évoque une puissance légendaire et cherche à reprendre vie depuis plus d’une décennie, qui sera le théâtre de cette activité dynamique. Le Silo no 5Bien connu de tous sous le nom de Silo no 5, le grand silo à céréales situé au bas de la rue McGill, à l’embouchure du canal de Lachine, a été construit sur une période de plus de 50 ans, et ce dès 1903. Il témoigne de l’exceptionnelle technologie utilisée dans la construction des silos à grains des XIXe et XXe siècles, notamment lorsqu’on a construit les derniers silos en acier au Canada, dont le Silo B, qui a été la structure industrielle la plus imposante de la ville pendant de nombreuses années. Partie la plus ancienne du complexe, le Silo B a été conçu par John S. Metcalf pour la Grand Trunk Railway Company of Canada, à la demande expresse du premier ministre sir Wilfrid Laurier. Ce dernier désirait profiter d’une économie canadienne en plein essor et favoriser l’expansion et la modernisation du port de Montréal afin qu’y transitent des quantités toujours plus grandes de céréales à destination des marchés d’outre-mer. C’est ainsi que son gouvernement a incité la Grand Trunk à investir à Montréal plutôt qu’à Portland, dans le Maine, où la compagnie avait d’abord prévu construire son nouveau silo tout en acier, innovation de l’ingénierie qui permettait de protéger les silos en cas d’explosions dues au méthane. Parce que le financement fédéral était indispensable à l’expansion vers l’ouest de la Grand Trunk, celle-ci revint sur sa décision et ajouta, en 1913, un silo en béton armé, qu’elle agrandira en 1922, même si elle est alors presque en faillite. Son exploitation dans l’ouest s’étant soldée par un échec, et grevée de dettes envers le gouvernement canadien, la Grand Trunk est nationalisée et intégrée à la Compagnie des chemins de fers nationaux du Canada en 1923. Le silo à céréales de Montréal est confié à la Commission du port. En 1957, la Commission du port, devenue l’Administration portuaire de Montréal, ajoute la dernière section du complexe, la plus grande, conçue par C. D. Howe and Co., et obtient le site que nous connaissons aujourd’hui. Rebaptisé Silo no 5, le bâtiment est relié à l’ensemble du système de silos à céréales – alors le plus grand au monde – par des convoyeurs surélevés. En 1994, Montréal met un terme à l’exploitation de ce vieux complexe de silos dans le Vieux-Port, ayant déjà procédé à la démolition des autres silos du secteur, à l’exception du Silo no 5. Il demeure le dernier témoin d’une époque de croissance exaltante qui a transformé l’économie canadienne, époque où, grâce à des visionnaires politiques et industriels, Montréal était le plus grand port à céréales du monde et le deuxième port commercial en Amérique du Nord, après New York. Désirant souligner son importance historique, architecturale et environnementale, le Bureau d’examen des édifices fédéraux du patrimoine (BEÉFP) désigne le Silo no 5 édifice patrimonial reconnu en 1996 et fait la déclaration qui suit : « L’élévateur no 5 est un point de repère important et sa présence dans le secteur ouest du Vieux-Port, à l’embouchure du canal de Lachine, rehausse le caractère industriel et portuaire du secteur. Il faudrait éviter tout projet de développement qui mettrait en danger son intégrité physique ou visuelle. » Nous sommes pleinement d’accord avec l’évaluation du BEÉFP et notre proposition vise à préserver, à protéger et à promouvoir ce remarquable site patrimonial pour la postérité. Mais nous devons agir vite. Le Silo no 5 est menacé. Il est envahi par la vermine qui pénètre par ses fenêtres brisées et, en hiver, la neige s’y engouffre. On ne pourra bientôt plus conserver les silos en béton construits en 1957, ni les aménagements d’acier qui datent de 1906. De nombreux Montréalais demandent de surcroît la démolition de ce qu’ils considèrent être, non sans raison, d’une pénible laideur. Notre proposition permet d’assurer la sauvegarde du Silo no 5 ; bien plus, ce projet en fera l’un des grands monuments canadiens et l’un des plus beaux musées modernes au monde. Expansion de notre mandat de croissanceLe Musée d’art contemporain de Montréal, l’un des trois musées nationaux du Québec, est de loin la plus importante institution du genre au Canada. Au cours de nos 40 années d’existence, nous avons acquis une réputation d’excellence qui nous a permis de nous démarquer sur la scène mondiale. Notre politique, qui consiste à collectionner l’art canadien et à le présenter dans un contexte de programmation internationale de la plus haute qualité, a contribué à insuffler dynamisme et confiance à la vie artistique locale, de même qu’à raffiner les goûts du public montréalais. L’heure est maintenant venue d’amorcer une nouvelle croissance. Au départ, lorsque nous avons commencé à envisager la possibilité de procéder à une expansion de nos installations physiques, nous avons d’abord cru devoir concentrer notre attention sur notre seule collection. Le Musée est dépositaire de 7 000 œuvres d’art, dont au moins 10 % méritent d’être exposées en permanence, mais son espace d’exposition ne lui permet d’en présenter qu’une centaine à la fois en moyenne, soit à peine plus de 1 % de sa collection. De toute évidence, celle-ci n’est pas pleinement exploitée ; pourtant, ni le public ni le Musée n’ont intérêt à ce qu’elle reste entreposée. Néanmoins, l’occasion unique que représente le Silo no 5 nous a amenés à repenser non seulement nos besoins actuels, mais aussi notre façon de servir le public. L’ambition qu’a Montréal d’attirer et d’abriter des créateurs nombreux et dynamiques a souvent été formulée. Elle reflète en ce sens l’importance croissante que de nombreux théoriciens des affaires et de l’éducation (Pink, Gladwell, Florida, Robinson, etc.) accordent à la création comme secteur clé de la nouvelle économie mondiale. Le Musée d’art contemporain croit pouvoir grandement améliorer son apport aux Canadiens en orientant son mandat dans cette direction. Si nous devions mettre au programme des expositions de design industriel, tout en constituant peu à peu une collection sérieusement planifiée, acquise principalement grâce à des dons, nous compléterions l’infrastructure de collection de Montréal dans le domaine important du design industriel et, de plus, nous augmenterions nos chances d’obtenir le soutien financier des entreprises. Faut-il préciser que cette diversification nous permettra de joindre un public beaucoup plus vaste que celui que l’art contemporain permet d’attirer actuellement dans le contexte de notre marché. En effet, nous avons l’intention de consacrer un pavillon entier à ce nouveau domaine d’activités : le Silo à céréales B de la Grand Trunk, lui-même emblème du design industriel canadien et dernier bâtiment du genre encore existant. Le design à MontréalEn 2006, Montréal a été la première ville nord-américaine désignée « Ville UNESCO du design ». Cet honneur témoigne des efforts concertés qu’elle consacre à développer ce secteur de son économie, dont le rapport Picard (1986) reconnaissait l’important potentiel de croissance. Elle a donc fait du développement du design une priorité. La décision de l’UNESCO succédait à d’autres réussites obtenues dans ce même domaine. Ainsi, en 2004, l’International Design Alliance (IDA), associée à l’International Council of Societies of Industrial Design (ICSID) et à l’International Council of Graphic Design Associations (ICOGRADA), choisissait d’installer son siège à Montréal plutôt qu’à Bruxelles, Turin ou Nagoya. Avec un budget d’un milliard de dollars au Québec, l’industrie du design se classe au premier rang, du point de vue économique, des industries culturelles. Depuis l’apparition des ordinateurs, le design a gagné à la fois en complexité et en importance, au point d’être maintenant reconnu comme secteur clé de la nouvelle économie. On estime à 32 000 le nombre de personnes qui vivent du design au Québec ; la plupart travaillent à Montréal. Le design est aussi un important domaine d’enseignement dans les principales écoles de Montréal. De fait, la ville peut se vanter d’abriter au moins trois universités (Université de Montréal, UQÀM et Concordia) et deux cégeps (Dawson et Vieux-Montréal) qui offrent des programmes de design reconnus à l’échelle nationale. Ces programmes pourraient bénéficier de la présence d’un musée qui renfermerait les meilleurs exemples de design industriel et offrirait une interprétation culturelle au grand public. De toute évidence, ce domaine mérite plus de soutien institutionnel que ce que Montréal lui offre actuellement. Plusieurs importantes collections de « design » se trouvent à Montréal : la collection Stewart d’arts décoratifs modernes abritée au Musée des beaux-arts de Montréal ; une des plus grandes et des plus fascinantes collections architecturales qui soient au Centre canadien d’architecture ; et la deuxième collection de costumes en importance au Canada au Musée McCord d’histoire canadienne. Cependant, la ville ne dispose d’aucune collection ni de vitrine pour présenter des œuvres de design telles que des véhicules sous toutes leurs formes, des machines exceptionnelles, des outils, des ustensiles et autres, de grandes réalisations de l’ingénierie, des réalisations d’art commercial, des jeux et autres produits de nouvelles technologies, qui tous jouent un rôle important dans l’économie de notre région. Le public n’a pas non plus l’occasion de voir des exemples de design industriel novateur ni d’assister à des démonstrations des nouvelles technologies. Le Silo no 5 : Musée d’art moderne répond à tous ces urgents besoins. L’art moderneLe Museum of Modern Art de New York (MoMA) est un modèle de réussite que nous avons étudié de près. Pour ce musée, le terme « art moderne»» englobe non seulement l’art « moderniste » réalisé depuis 1895, mais également l’art « contemporain » actuel, toute l’histoire du cinéma et le design sous toutes ses formes, depuis l’architecture jusqu’aux automobiles, de la publicité au photojournalisme. Nous partageons ce point de vue élargi porté sur l’art moderne, puisqu’il permet de rassembler les fleurons de la créativité moderne dans un même éventail de la culture matérielle. Malheureusement pour le MoMA, malgré de récents travaux d’expansion de huit cent millions de dollars, les locaux situés au cœur de Manhattan ne lui permettent de présenter qu’un petit échantillonnage de design, bien que ce dernier soit l’une de leurs collections les plus populaires. Le MoMA, le plus important musée d’art moderne au monde, se voit singulièrement limité dans ses possibilités de présenter des créations de design industriel telles que des véhicules, domaine dans lequel le Musée a été particulièrement actif depuis sa création. En ce moment, le Musée ne peut présenter qu’une seule voiture et un petit hélicoptère. Le Silo no 5 offre des marges de manœuvre beaucoup plus grandes et polyvalentes en matière d’exposition. Par exemple, nous pourrions exposer des locomotives au rez-de-chaussée du Silo B, ces installations ayant été conçues pour être desservies à l’intérieur par voie ferrée. Au Musée d’art contemporain, nous acquiesçons à la définition de l’art moderne proposée par le MoMA et croyons, en outre, qu’il s’agit là de la désignation appropriée pour des locaux de présentation de collections qui comprendront désormais le design industriel. Le terme « art contemporain » se rapporte à l’art moderne plus récent, l’art du présent. Il reste toutefois que le Musée d’art contemporain a vu le jour il y a 40 ans et que ses collections remontent à 1939, au moment de la fondation de la Société d’art contemporain de Montréal, considérée comme notre ancêtre direct. En donnant le nom de Musée d’art moderne à nos nouvelles installations, nous arriverons à répartir nos deux principales sphères d’activité : celle des expositions (Musée d’art contemporain) et celle des collections (Musée d’art moderne). En outre, Montréal se verra ainsi dotée d’un nouveau lieu culturel de grande envergure sans avoir à mettre sur pied une nouvelle organisation. L’art moderne à MontréalL’histoire de l’art moderniste à Montréal mérite d’être racontée. La grande rivalité philosophique qui oppose la Société d’art contemporain de Montréal au Groupe des Sept de Toronto a déterminé le cours de l’art moderne au Canada. Il s’agit d’une rivalité qui, à l’instar de celles qui animent le monde du hockey, continue jusqu’à ce jour. Elle s’est même peu à peu élargie au point d’engager le pays tout entier dans un débat aussi complexe que stimulant. La scène torontoise a, dans un premier temps, influencé les débuts du modernisme canadien. Toutefois, c’est à Montréal, sous l’inspiration de Paul-Émile Borduas, qu’une culture d’art abstrait viable a pris forme et s’est épanouie pendant plusieurs décennies. Trente années de peinture remarquable se sont écoulées où le courant abstractionniste de Montréal a égalé celui de Paris ou de New York. Nombreux sont les artistes de talent et de grande rigueur intellectuelle qui ont suivi Borduas pour produire l’important et puissant corpus qui forme les solides assises historiques et intellectuelles de la scène de l’art contemporain à Montréal. Le MACM possède l’ensemble le plus vaste et le plus complet de ces œuvres. Un étage complet des silos en béton sera consacré à mettre en valeur certaines des œuvres les plus importantes d’artistes tels Paul-Émile Borduas, Jean-Paul Riopelle, Jean McEwen, Guido Molinari, Yves Gaucher, Claude Tousignant, Jacques Hurtubise, Fernand Leduc et Charles Gagnon, entre autres. Cette exposition présentera l’un des ensembles les plus impressionnants de peintures abstraites dans le monde, dans un environnement unique offrant en plongée une vue sur la ville qui les a fait naître. Non pas un nouveau musée, mais un musée encore plus grandGrâce à ce projet, Montréal enrichit un important musée déjà existant et le Canada obtient son premier musée d’art moderne sans avoir à en créer un. Le Musée d’art contemporain possède déjà, en grande partie, l’infrastructure administrative capable d’absorber une telle expansion. En outre, ses installations actuelles dotées d’aires d’entreposage spécialisées, de laboratoires et d’ateliers de conservation peuvent répondre à l’expansion de ses espaces publics à l’échelle dont il est ici question. En deux mots, en faisant du Silo no 5 notre annexe, nous ne faisons qu’ajouter de grandes surfaces d’exposition et d’aires commerciales à une institution déjà en place. La nouvelle technologie au service de l’éducation populaireLes technologies de communication sont en train de transformer radicalement le monde et le Canada joue un rôle important dans cette révolution. Au lieu de surcharger de présentations didactiques traditionnelles nos extraordinaires artéfacts et ce qui promet d’être des installations d’une grande beauté, nous entendons exploiter pleinement ces nouvelles technologies de communication afin de permettre aux visiteurs de personnaliser leur visite et de profiter directement de leur expérience sans être encombrés par des panneaux didactiques nombreux et désuets. Montréal ne manque certes pas de personnel compétent dans les domaines concernés. Notre projet permettra aux entreprises et aux écoles de découvrir de nouvelles utilisations et de nouvelles technologies de communication. Audioguides transmis par téléphone cellulaire, fichiers balado et autres appareils portables complexes comptent parmi les voies que nous sommes en train d’explorer. Nous collaborons également avec le département d’histoire de l’art et d’études en communication de l’Université McGill afin d’élaborer de nouvelles façons d’aborder la fonction pédagogique des collections et de l’aménagement. D’une part, les nouvelles installations sont originales et complexes. D’autre part, les présentations d’art et de design sont abritées en hauteur dans un bâtiment industriel dominant le quartier le plus riche en histoire de la ville. Nous avons là tous les atouts pour devenir un chef de file mondial en matière de didactique muséale électronique et nous disposons de nouvelles façons d’enrichir l’expérience des visiteurs. Récemment, nous nous sommes associés avec le LAMIC de l’Université Laval, laboratoire de pointe unique au monde dans les domaines de la muséologie et de l’ingénierie de la culture. Avec son premier bureau satellite installé au Musée d’art contemporain, le LAMIC nous classera parmi les musées dont la percée en technologie est la plus avancée au monde. Grâce à sa portée historique, son emplacement et la nouvelle fonction que nous souhaitons lui attribuer, le Silo no 5 deviendra l’un des aménagements urbains les plus utiles et un lieu d’apprentissage dynamique. C’est ici que s’est écrite l’histoire de l’industrialisation du Canada, allant de l’exportation des céréales, dont l’essor a encouragé l’immigration vers l’ouest, aux complexes infrastructures de transport qui sont au cœur de la Confédération. Nous pouvons, chaque année, amener des milliers de personnes à comprendre l’importante et unique contribution du Canada à l’art moderne et à l’art contemporain. Nous nous attacherons tout particulièrement à notre mission éducative ; ce secteur, comme celui de la sécurité, compte parmi les rares branches où nous prévoyons recruter du personnel supplémentaire. Une grande attraction et un musée-phareL’emplacement et la forme du Silo no 5 constituent ses deux avantages les plus marquants en tant qu’espace consacré à un musée d’art moderne. Bien sûr, le silo est déjà un monument important dans la ville. Nonobstant la qualité unique de nos collections et le caractère novateur de notre programmation culturelle et éducative, le Silo no 5 séduit déjà, par ce qu’il est, le grand public. Le bâtiment offre une vue spectaculaire de la ville et même de la grande région métropolitaine, sans compter la richesse historique du secteur dont nous pouvons nous enorgueillir. Nous désirons tirer parti de toute cette richesse en mettant sur pied des activités commerciales qui compenseront les possibilités réduites, à cet égard, de nos installations à la Place des Arts où restera notre siège. Montréal possède peu de bâtiments publics aussi « extraordinaires » que le Silo no 5 et n’en a aucun au centre-ville. Notre situation dans le Vieux-Port, à la limite du Vieux-Montréal, dans un des quartiers les plus visités et les plus admirés au Canada, offre un avantage exceptionnel. De plus, le caractère unique de ces silos comme espace public est indiscutable. Pour la première fois, les touristes auront l’occasion de visiter une gigantesque structure en acier datant de la fin du XIXe siècle. Ces bâtiments sont devenus extrêmement rares : il n’y en a donc pas d’autres à visiter. Une fois installés dans le Vieux-Port et offrant aux visiteurs une grande variété d’attractions, nous devenons un partenaire stratégique idéal pour tous les grands musées de la ville et un bon nombre de musées plus modestes. Notre site historique et nos collections importantes feront pendant à celles d’institutions et d’organismes tels que le Musée des beaux-arts de Montréal, le Musée McCord d’histoire canadienne, le Centre de sciences, le Musée Pointe-à-Callière, le Centre canadien d’architecture, la Fonderie Darling et Exporail, sans compter notre propre musée qui continuera d’offrir le programme d’expositions le plus ambitieux au pays dans ce domaine en expansion qu’est l’art contemporain. Nous désirons ajouter un fleuron à l’impressionnante infrastructure muséale de Montréal, non seulement en tant qu’importante addition aux attractions touristiques de la ville, mais encore en tant que point de départ d’une expérience culturelle élargie dont profiteront aussi les Montréalais. Enfin, grâce à la proximité de nombreux sites touristiques célèbres de Montréal, tel que le Vieux-Port, le canal de Lachine, le Vieux-Montréal, le centre-ville moderne, le mont Royal, le fleuve Saint-Laurent, Habitat 67, les anciens pavillons d’Expo 67, le pont Victoria et le pont Jacques-Cartier en arrière-plan, le Silo no 5 permettra à ses visiteurs de découvrir Montréal sous son angle le plus flatteur. De l’extérieur, le Silo no 5 s’impose déjà comme monument du paysage urbain. Telle une cathédrale industrielle, il peut être aperçu, comme un formidable barrage, à l’horizon de l’élégante rue McGill qui retrouve maintenant sa noblesse d’autrefois avec ses nouveaux aménagements, ses plantations et ses trottoirs élargis. De fait, par sa taille et comme le musée Guggenheim à Bilbao, le silo reste visible depuis de nombreuses rues du Vieux-Montréal, et même au-delà, depuis l’avenue du Parc, distante de plusieurs kilomètres, à l’endroit où se trouve le monument à la mémoire de George-Étienne Cartier. Ouvrons ici une parenthèse pour rappeler que Cartier, l’un des pères de la Confédération, était issu d’une famille d’exportateurs de céréales et qu’il a été conseiller juridique de la Grand Trunk. Il est certain que Montréal n’aura jamais pareille chance de construire de nouvelles installations muséales qui offrent la commodité, la présence physique et la force symbolique du Silo no 5. Une affirmation de l’image de marque canadienneLes musées d’art, industrie en plein essor partout dans le monde, représentent une ressource stratégique pour la nouvelle économie. Ils sont également des moyens éloquents d’afficher une image de marque nationale. Comparé à ses voisins et à ses partenaires commerciaux, le Canada n’a pas encore su tirer parti de ce puissant outil. Nous croyons offrir à notre pays la chance de se démarquer sans qu’il en coûte cher. De fait, nous comptons exploiter les avantages commerciaux de ce bâtiment unique, de telle sorte que le coût annuel des participations gouvernementales sera négligeable. Cette démarche contribuera elle aussi à renforcer l’image de marque du Canada. Le Canada n’a que tardivement emboîté le pas à ce mouvement qui, partout dans le monde, tend à convertir des monuments en musées d’art. Ce projet lui en offre l’occasion de manière intelligente et économiquement efficace. De plus, il permet aux Canadiens de se distinguer. Cette entreprise unique, bien qu’audacieuse, ne coûtera qu’une fraction du prix de projets similaires, dont la Tate Modern à Londres, le musée Guggenheim à Bilbao ou l’agrandissement du Museum of Modern Art à New York. Cette réalisation exceptionnelle procurera une séduisante vitrine, dans un contexte international de qualité, au meilleur de l’art et du design canadien ; elle témoignera également de l’excellence des créations et innovations canadiennes. |
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